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Si le problème ne date pas d’hier, la crise du Covid-19 et le contexte géopolitique lui ont donné une tout autre ampleur. Antibiotiques, antipyrétiques, antidiabétiques, anticancéreux... : depuis quelques années, rares sont les classes de molécules à ne pas faire l’objet de tensions d’approvisionnement. Une situation dangereuse pour les patients – notamment ceux atteints de maladies chroniques et/ou graves – et particulièrement complexe à gérer pour les pharmaciens.
Moins de (risques de) ruptures de stock
À l’occasion d’une réunion rassemblant industriels, représentants des professionnels de santé et des patients ainsi que l’Exécutif il y a quelques jours, un nouvel état des lieux a été présenté par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM). Au total, elle recensait 3 825 déclarations de ruptures ou de risques de ruptures en 2024, contre 4 925 en 2023. Un bilan encourageant certes, mais qui reste en demi-teinte. En effet, sur le terrain, les pharmaciens partagent leur désarroi. « Malgré les discours rassurants des pouvoirs publics, les pénuries de médicaments et les tensions d’approvisionnement sont loin d’être réglés, comme on le constate actuellement avec la quétiapine. Pour plus de 50 % des pharmaciens, la situation s’est même dégradée depuis un an ! », déclarait l’Union Syndicale des Pharmaciens d’Officine (USPO) à l’occasion de la parution des résultats de son dernier sondage sur la conjoncture économique des pharmacies. Si son président, Pierre-Olivier Variot, admet que «
Les explications du gouvernement
D’après l’Exécutif, cette amélioration apparente est liée à la mise en place de plusieurs mesures. À commencer par l’implémentation du plan hivernal de surveillance des médicaments les plus à risque de tension. Le droit de prescrire des antibiotiques à la suite d’un TROD cystite ou angine serait également favorable à une baisse du recours à ces traitements et donc à une limitation des ruptures. Enfin, l’autorisation récente octroyée à certaines pharmacies hospitalières de produire des médicaments en cas de rupture prolongée participerait également à expliquer ce progrès. Reste à savoir si la baisse des déclarations concerne davantage des produits à risque ou bel et bien en rupture. Si la situation est encourageante pour les traitements, elle est loin d’être endiguée. L’enjeu reste donc entier, d’autant plus que les dispositifs médicaux délivrés en hôpital sont à leur tour sous le radar du gouvernement.