Pouvez-vous me présenter le groupe Ducournau ?
Frédéric Ducournau : nous sommes une entreprise familiale, qui a été fondée par mon père en 1971. Il est parti de rien, avec un seul camion. Aujourd’hui, nous en avons 600. Nous sommes toujours une entreprise familiale, pas seulement parce que j’ai repris l’entreprise à la suite du décès de mon père en avril 2023, mais aussi parce que, même si c’est moi qui prends la décision finale, la décision est collégiale, en concertation avec mes équipes. Nous faisons du transport routier de marchandises régional et national. Nous avons une forte activité sur les déchets, avec 70 camions à fond mouvant qui sillonnent la France et l’Italie. Nous faisons aussi du groupage technique et nous savons transporter de 1 à 33, voire 38 palettes en camion remorque. Enfin, nous faisons aussi beaucoup de logistique, pour tous types de produits : des conserves aux panneaux photovoltaïques, en passant par le vin. Nous disposons de 90 000 m² d’entrepôts, y compris des entrepôts sous température dirigée. Nous proposons aussi des prestations de logistique comme le picking, la mise en rayon, la location d’entrepôts… En fait, nous nous adaptons aux demandes de nos clients, leurs contraintes sont les nôtres.
Comment avez-vous débuté dans le transport ?
F. D. : mon père m’a appris et transmis l’amour de ce métier. À 13-14 ans, je savais déjà conduire un camion. Ensuite, cela s’est fait naturellement. Je me souviens avoir attendu l’ouverture de la préfecture pour récupérer mon permis le jour de mes 18 ans, je l’avais déjà car j’avais déjà passé mon CAP. J’étais très fier de pouvoir monter dans un camion et de conduire, de partir à l’aventure. Parce qu’il y a 34 ans, le métier était différent : pas de GPS, des contraintes horaires moins lourdes. Nous étions beaucoup plus libres sur la route. C’était un métier d’aventurier, qui m’a beaucoup plu. Dès le départ, je me suis intéressé à l’agence de Gonesse. J’y montais tous les dimanches soir en camion, je dormais toute la semaine dedans et je redescendais le vendredi soir avec mes collègues à Flassans où mon père nous attendait à la maison avec le petit-déjeuner à 5 heures du matin. Ensuite, la journée commençait, on déchargeait et dégroupait les camions pour ensuite repartir le dimanche soir à Gonesse.
Puis vous avez pris plus de responsabilités ?
F. D. : oui. Au fur et à mesure, j’ai commencé à m’occuper de l’agence de Gonesse ; nous n’avions que celle-là à l’époque et elle n’avait pas de directeur. Nous l’avons développée, en rachetant un autre entrepôt. Par la suite, je me suis aussi occupé du développement à Lyon, qui s’est fait en croissance externe. Mais après, pour des raisons personnelles, je suis revenu vivre à plein temps à Flassans. J’ai arrêté la vie de « vagabond ». À Flassans, au siège, il y avait d’autres préoccupations, en particulier nous avions la volonté de développer la logistique, ce qui a très bien fonctionné.
En 2017, quand mon père a voulu un peu se reposer, il m’a confié la gestion du groupe, même s’il restait impliqué au quotidien. Et, en 2023, quand il est décédé, j’ai pris encore plus de responsabilités.
Quels ont été les développements récents ?
F. D. : avant le Covid-19 déjà, nous avions l’ambition de nous implanter à Albi, parce que nous aimons bien le Sud-Ouest mais surtout parce qu’un client nous poussait à nous développer là-bas. Avec mon père, nous nous sommes intéressés à la société Rizzo, dont nous avons initié l’acquisition en mars 2023. Celle-ci devait être finalisée en juin de la même année, mais je remercie encore la famille Rizzo qui nous a accordé un délai à la suite du décès de mon père. En fin de compte, le rachat a été finalisé en janvier 2024. Et récemment, c’est le rachat de la société Chateau Renault qui nous a été proposée. Après des discussions avec nos banques, nous en avons finalisé l’acquisition en février 2025.
Grâce à ces rachats, nous avons pu nous ouvrir vers l’Ouest, alors que nous étions jusqu’à présent essentiellement sur la dorsale centrale de la France. Le siège social reste à Flassans et nous avons des établissements à Peynier, Cavaillon, Meyzieu, Douai et Gaillac. Désormais, nous pouvons distribuer plus facilement dans toute la France. En particulier, l’emplacement de RTMD est stratégique, à 500 km de Douai et de Lyon, à 200 km de Gonesse et à 800 km de Cavaillon. Nous avons aujourd’hui un bien meilleur maillage territorial. Par exemple, auparavant, quand un client nous demandait des livraisons pour le lundi matin à Brest en partant du Sud de la France, c’était compliqué. Nous ne disons jamais non à un client et nous pouvons toujours nous appuyer sur le réseau Astre pour le dernier kilomètre ou pour trouver un collègue qui peut le faire à notre place. Mais maintenant, c’est faisable avec nos propres camions.
Avez-vous d’autres projets ?
F. D. : non, pas vraiment... Nous n’avons pas d’implantation pour l’instant dans l’Est de la France. Pour autant, il n’y a pas de projet actuellement, même si nous ne nous interdisons rien. Nous allons rester à l’écoute du marché. Cependant, aujourd’hui, l’objectif est surtout de nous structurer, de travailler correctement sur nos acquisitions. Je ne veux pas grossir pour grossir et devenir le premier transporteur de France en parc moteur. En revanche, je veux l’être en qualité.
Nous avons été très fiers d’être nommés transporteur de l’année en 2011 par l’Officiel du Transport. Pourquoi ne pas l’être de nouveau ? Donc, non, pas de projets précis à court terme. Nous allons nous amuser à faire du transport. Pas seulement moi, mais aussi mes équipes. Je veux faire en sorte que mes équipes prennent plaisir à travailler, car le transport est un métier réellement magnifique !
Fiche d’identité Dénomination : Groupe Ducournau
Activité : transport routier de marchandises et logistique
Chiffre d’affaires : 70 M€ en 2024
Effectif : environ 650-700 salariés
Siège social : Flassans-sur-Issole (83)