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La tendance reste négative pour les artisans du bâtiment. Selon les chiffres publiés le 30 avril par la Capeb, la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment, l’activité a reculé de 5 % sur un an au 1er trimestre 2025. La chute ralentit légèrement par rapport au trimestre précédent (-6 %), mais c’est surtout l’absence de reprise qui inquiète la profession, en dépit de conditions de financement un peu plus favorables sur le front de l’immobilier, portées par la baisse des taux d’intérêt.
Le neuf toujours en difficulté
Le marché du neuf continue de plomber les résultats du secteur. Le volume de travaux réalisés par les petites entreprises du bâtiment chute de 10 % sur un an. C’est moins que les trimestres précédents (-11 % et -13 %), mais le repli reste important. Quelques signaux plus encourageants apparaissent toutefois du côté des autorisations de construire et des mises en chantier : sur 12 mois glissants, 331 000 logements ont été autorisés à la construction à fin février et 293 000 ont été commencés. Des chiffres toujours en baisse (-10,7 % et -0,3 %), mais de manière nettement moins brutale qu’un an plus tôt (-21,3 % et -24,6 %).
La rénovation peine à repartir
Du côté de la rénovation, la tendance reste mal orientée. L’activité d’entretien-amélioration fléchit de 2 % au 1er trimestre, après -1,5 % au trimestre précédent. Les transactions dans l’ancien, traditionnel moteur des travaux, demeurent en retrait, avec moins de 800 000 ventes sur 12 mois à fin janvier. Les travaux de performance énergétique, eux aussi, peinent à redémarrer. Leur volume recule encore de 1,5 %, pénalisé par le blocage temporaire des aides début 2025, faute de budget voté. Une situation d’autant plus paradoxale que le taux d’épargne des ménages reste élevé, atteignant 18,4 % du revenu disponible au 4e trimestre 2024.
Métiers et régions inégalement touchés
La baisse d’activité touche l’ensemble des corps de métiers, mais certains sont plus exposés que d’autres. La maçonnerie, en recul continu depuis 2 ans, est toujours la plus affectée (-6,5 %). Les entreprises de couverture, de plomberie et de chauffage limitent davantage la casse (-3,5 %). Des disparités apparaissent aussi sur le plan géographique : le Grand Est accuse le plus fort repli (-7 %), tandis que l’Occitanie et la Nouvelle-Aquitaine résistent un peu mieux (-3,5 %).
Des trésoreries sous pression
Dans ce contexte dégradé, la situation financière des petites entreprises continue de se tendre. Les carnets de commandes se réduisent légèrement à 70 jours de travail en moyenne, soit 4 jours de moins qu’un an plus tôt. Le solde d’opinion sur la trésorerie s’améliore timidement (-14 points), mais reste préoccupant. Plus d’une entreprise sur 5 déclare des besoins de financement, principalement en raison de la baisse d’activité (59 %) et de l’allongement des délais de paiement (54 %). L’emploi salarié, quant à lui, recule de 3,2 % sur un an au 4e trimestre 2024.
Malgré quelques indicateurs un peu moins défavorables, la Capeb n’entrevoit aucun vrai signe d’embellie à court terme. Le secteur reste enlisé dans une conjoncture difficile, avec un environnement toujours incertain et des conséquences économiques lourdes pour les petites entreprises artisanales.
Crédit photo : Jean-Philippe WALLET