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Clap de fin pour Lormauto, placée en liquidation judiciaire par le tribunal de Caen. Cette start-up prometteuse dans le domaine du rétrofit n’est pas parvenue à lever les fonds espérés pour industrialiser sa solution à grande échelle.
Une ambition normande dans le rétrofit automobile
Fondée en 2020 à Argences dans le Calvados, Lormauto s’est rapidement imposée comme l’un des porte-étendards du rétrofit électrique en France. Son projet phare : convertir des Renault Twingo thermiques en véhicules 100 % électriques, à un tarif de 20 000 €, entretien inclus et avec une option de rachat après quelques années.
Depuis ses débuts, la société a bénéficié d’un certain engouement, avec 900 acheteurs potentiels, dont la région Normandie à qui Lormauto avait livré un premier véhicule début 2024.
Un modèle économique sous tension
Le modèle de Lormauto reposait sur une industrialisation rapide, soutenue par des fonds privés et publics. La start-up attendait notamment une subvention de l’État dans le cadre du plan France 2030, dont une première tranche avait déjà été versée. Quatre investisseurs privés étaient également prêts à s’engager pour soutenir la montée en puissance de la production.
Cependant, la viabilité économique du projet a rapidement été remise en question. Le prix de 20 000 €, bien que compétitif pour une voiture électrique, restait élevé pour une Twingo d’occasion rétrofitée, surtout face à la concurrence des véhicules électriques neufs ou d’occasion récents.
Selon Sébastien Rolo, l’un des cofondateurs de Lormauto, la société avait livré ses premiers clients et avait « fait sur fonds privés tout ce qu’il fallait pour arriver à l’industrialisation ». Mais l’absence du versement de la deuxième tranche de la subvention publique, d’un montant de 1,9 M€, a été fatale. Une situation imputée par Sébastien Rolo à Bpifrance qui « n’a pas voulu déroger aux règles » et a conditionné ce versement à une levée de fonds privés, qui n’a finalement pas pu être finalisée à temps.