Actualités
En octobre et novembre derniers, les deux traitements stars Wegovy® de Novo Nordisk et Mounjaro® d’Eli Lilly se voyaient enfin commercialisés pour la toute première fois en France. Si ces médicaments ont reçu un excellent accueil tant de la part des patients souffrant d’obésité que des professionnels de santé, les critères d’éligibilité – particulièrement stricts – et leur absence de remboursement limitaient jusqu’à présent leur mise à disposition auprès des malades.
Quels sont les changements à venir ?
En visite sur le site de production d’envergure du sémaglutide – le principe actif du Wegovy® – à Chartres, le ministre de la Santé a annoncé, le 26 mai dernier, le lancement d’un « plan obésité » à la rentrée prochaine. L’occasion de redéfinir les contours de la prescription des médicaments commercialisés dans l’Hexagone. À commencer par les conditions d’initiation des traitements. Si, jusqu’à présent, les médecins spécialisés en endocrinologie-diabétologie-nutrition étaient les seuls à pouvoir effectuer une primo-prescription, les généralistes devraient bientôt être sur un pied d’égalité avec leurs confrères. Un droit qui devrait également être élargi au produit Saxenda®, présent de plus longue date. Si cette restriction avait été initialement instaurée pour limiter les risques de mésusages, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) constate qu’elle présente des limites : « Certains patients peuvent rencontrer des difficultés pour consulter un des spécialistes concernés dans des délais raisonnables ». En effet, ces derniers sont peu nombreux sur le territoire et les délais d’attente pour les consulter particulièrement longs. La future mesure devrait donc permettre d’initier plus de traitements, plus rapidement. Par ailleurs, les sept mois de recul sur la commercialisation des deux nouveaux produits sont rassurants pour l’autorité de santé. Les voyants sont au vert concernant la pharmacovigilance puisqu’aucun événement grave ou fréquent n’a été observé. En outre, la gestion des approvisionnements est maîtrisée et le risque de report sur le produit Ozempic®, qui contient la même molécule que le Wegovy®, semble écarté. Autant de raisons pour élargir les conditions de prescription aux médecins traitants.
Le ministre chargé de la Santé, Yannick Neuder, a ainsi annoncé travailler sur un programme pour prendre en charge l’obésité « sur tous les plans, éducatif, sanitaire, sportif et médicamenteux » pour espérer endiguer ce « fléau des maladies métaboliques, du diabète et de l’obésité » qui touche « près de 20 % de nos enfants et adolescents ». Des discussions sont en cours avec l’ANSM, qui interroge actuellement les prescripteurs pour remonter les bonnes pratiques. Elles devraient déboucher sur une ébauche de plan dont la version finale est attendue pour le mois de septembre. Si cet élargissement du droit de primo-prescription devrait changer la donne, les industriels attendent avec plus d’impatience encore l’aboutissement des négociations avec le comité économique des produits de santé. L’objectif est clair : obtenir un remboursement des produits dont le prix actuel – 300 € par mois environ – demeure prohibitif pour de nombreux patients.
Crédit photo : Tatsiana Volkava