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Environ 33 % des Français sont structurellement exclus de la conduire. C’est ce qui ressort de l’enquête nationale sur la conduite réalisée par le Centre de Recherche pour l’Étude et l’Observation des Conditions de Vie (CRÉDOC) pour le think tank Forum Vies Mobiles. Trois facteurs sont à l’origine de cette exclusion : l’âge (20 % ont moins de 17 ans), l’absence de permis (9 % des plus de 17 ans) et les incapacités permanentes (au moins 4 % de la population).
Même les détenteurs de permis sont contraints de renoncer à la conduite
L’enquête souligne également que, dans les 25 situations testées dans l’étude, 82 % des détenteurs de permis renoncent au moins occasionnellement à la conduite, en raison :
- de contextes « hostiles » : conditions nocturnes, trafic urbain, difficultés de stationnement, conduite en zones rurale ou montagneuse, aléas météorologiques ;
- de freins matériels et pratiques : coûts de déplacement (carburant, péages), panne du véhicule, fatigue et somnolence, problèmes administratifs (contrôle technique non à jour, défaut d’assurance, suspension ou expiration de permis).
Autre enseignement de l’enquête, il existe des disparités importantes dans l’appréhension de la conduite selon l’âge et le genre des individus. Ainsi, 21 % des hommes ne renoncent jamais à la conduite, contre seulement 15 % des femmes. Quant aux motifs de renoncement, ils sont plutôt liés aux conditions à risque côté femmes (conduite de nuit, conditions météorologiques), tandis que les hommes sont davantage confrontés à des problématiques matérielles (permis suspendu, problèmes d’assurance, absence de siège auto). Les jeunes, en particulier, renoncent davantage à conduire que la moyenne, en raison de leur manque d’expérience et de leur vulnérabilité économique.
Des conséquences au quotidien
Pour beaucoup, l’absence de voiture est synonyme de difficultés d’accès à l’emploi, aux soins ou aux loisirs, renforçant un sentiment d’isolement, particulièrement en milieu rural ou périurbain. Ainsi, 32 % des détenteurs du permis ont dû renoncer à rendre visite à leurs proches en raison de difficultés liées au déplacement, et 28 % n’ont pas pu pratiquer un loisir.
Face à ces constats, les auteurs du rapport invitent à repenser les politiques publiques, afin de mieux prendre en compte les besoins des éconduits et favoriser l’inclusion de tous dans la mobilité. Car selon eux, aujourd’hui, « l’automobile, souvent présentée comme un outil universel d’émancipation, agit en réalité comme un facteur d’exclusion pour une part importante de la population ».
Crédit photo : 123ducu