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Même si on n’en connaît pas encore le montant, les États-Unis appliqueront, bientôt, de nouveaux droits de douanes majorés aux produits importés d’Europe dans les mois ou semaines à venir. Et en attendant qu’un compromis soit trouvé, la Banque de France vient de tenter d’en mesurer les effets dans le cadre de ses projections macroéconomiques de juin 2025.
Deux scénarii ont été envisagés. Le premier, le plus optimiste, table sur une hausse de 25 % des droits de douanes sur les importations américaines en provenance d’Europe d’acier, d’aluminium et d’automobiles et de 10 % sur les autres biens importés, sans mesure de représailles de la part de l’UE.
Dans cette hypothèse, la Banque de France estime que l’impact cumulé des effets mécaniques de la hausse des droits de douane et de l’incertitude créée par son annonce serait de -0,25 point de pourcentage de PIB en 2025, de -0,2 point de PIB en 2026 et nul en 2027. Sur ces trois années, l’impact est ainsi estimé à peu ou prou -0,4 point sachant, qu’à lui seul, l’effet d’incertitude représente -0,36 point de PIB sur cette période triennale. « Cet impact se transmettrait à l’investissement des entreprises ainsi qu’à la consommation des ménages », insiste la Banque de France.
Un scénario alternatif sévère
Les auteurs de l’étude se sont également penchés sur un scénario plus sévère. Dans ce dernier, la hausse des droits de douane sur les produits de l’Union européenne, hors droits sectoriels (acier, aluminium…), atteindrait 20 %, avec des représailles de même ampleur sur les exportations des États-Unis. L’incertitude sur la politique commerciale resterait durablement élevée ce qui entraînerait un recul de la croissance du PIB de 0,3 point de pourcentage en 2025 et en 2026. Comme dans le scénario précédent, les prévisions resteraient inchangées pour 2027.
Au total, sur ces trois années, la perte de croissance du PIB pourrait atteindre -0,6 point. « L’économie française éviterait cependant la récession, avec une croissance de 0,3 % en 2025 et 0,7 % en 2026. Dans ce scénario, l’impact sur l’inflation serait globalement neutre », conclut la Banque de France.
Crédit photo : Galeanu Mihai