Pouvez-vous nous raconter l’histoire de votre entreprise ?
Huseyin Kamci : je suis la troisième génération à la tête de notre entreprise familiale. Tout commence en 1974 lorsque mon grand-père quitte la Turquie pour venir travailler en France comme maçon salarié. Au fil du temps, il fait ses preuves, et dans les années 1980, il décide de se mettre à son compte comme artisan maçon, dans la région de Narbonne, où nous sommes toujours implantés. Mon père et mon oncle le rejoignent ensuite et, ensemble, ils font évoluer l’activité. Dans les années 1990, ils créent une entreprise de gros œuvre, jusqu’à devenir entreprise générale de bâtiment. À l’époque, nous intervenions sur tous les lots techniques.
Comment s’est passée votre propre arrivée dans la société ?
H. K. : j’ai intégré l’entreprise en 2012 comme alternant. Deux ans plus tard, en 2014, j’en ai repris la direction en tant que gérant. À ce moment-là, nous étions toujours centrés sur le gros œuvre. Mais la crise du Covid-19 a été un tournant. Lors du premier confinement, l’activité s’est arrêtée, ce qui m’a permis de prendre du recul, de réfléchir à de nouvelles perspectives et, surtout, à ce qui me motivait vraiment. C’est dans ce contexte qu’est née l’idée de nous orienter vers la construction de maisons individuelles sur-mesure.
C’est alors qu’est née Maison KAMCI ?
H. K. : oui, exactement. Maison KAMCI a été créée en 2021. Avant, notre structure s’appelait Prestij Bâtiment. Nous construisions des bâtiments, des logements pour les bailleurs sociaux ou encore des équipements sportifs. Mais j’avais envie d’autonomie, de sens, et surtout de maîtriser toutes les étapes du projet, de la conception à la livraison. Dans le gros œuvre, nous dépendions des maîtres d’œuvre : si quelque chose n’allait pas, c’était à nous de le gérer, sans pouvoir agir en amont. En nous positionnant sur des projets “clés en main”, nous retrouvions cette liberté, tout en offrant une expérience très différente à nos clients.
En quoi votre approche se distingue-t-elle de celle d’un constructeur traditionnel ?
H. K. : nous ne proposons pas de modèle standard. Chaque maison est pensée en fonction du mode de vie de nos clients, de l’orientation du terrain, de l’usage de chaque pièce. Bien sûr, nous avons quelques exemples pour les inspirer, mais 100 % de nos projets sont conçus sur-mesure.
Comment s’est passée la transition entre votre ancienne activité et ce nouveau positionnement ?
H. K. : ce sont deux mondes très différents. Dans le gros œuvre, nous intervenions uniquement en exécution, sur la base de plans réalisés par des maîtres d’œuvre ou des architectes. Aujourd’hui, nous pilotons l’ensemble du processus : de la conception à la préparation, jusqu’au suivi du chantier. Nous avons nos propres équipes pour le gros œuvre, et nous faisons appel à des partenaires de confiance pour le second œuvre comme la plomberie ou l’électricité. Nous travaillons aussi en étroite collaboration avec des architectes pour la phase de conception. La transition n’a pas été simple à mettre en place, car il a fallu repenser toute notre organisation. Mais aujourd’hui, nous sommes bien plus sereins, car nous avons une vision d’ensemble et une maîtrise complète de ce que nous réalisons.
Avez-vous trouvé rapidement votre public au lancement de l’activité ?
H. K. : la demande a été immédiate. Nous avons clairement bénéficié du contexte post-Covid, où beaucoup de gens ressentaient le besoin d’espace et aspiraient à une maison. Dès notre lancement, nous avons connu un afflux de demandes. Nous construisions déjà une dizaine de maisons par an dès la première année. Nous avons même été un peu débordés par l’ampleur de l’intérêt.
Et aujourd’hui ?
H. K. : nous construisons environ 15 maisons par an. Notre zone d’intervention couvre un rayon de 60 kilomètres autour de Narbonne, jusqu’à Perpignan au sud, Carcassonne à l’ouest et Montpellier à l’est. Nous restons une entreprise à taille humaine, avec une dizaine de collaborateurs pour un chiffre d’affaires d’environ 2 M€.
Quel est le profil de vos clients ?
H. K. : environ 80 % de nos clients viennent de la moitié nord de la France : Paris, Metz, Strasbourg… mais aussi de Belgique ou du Luxembourg. Ce sont souvent des couples de 55 à 60 ans qui préparent leur retraite. Ils ont généralement un bon pouvoir d’achat, notamment après avoir vendu un bien dans une grande ville, et veulent s’installer dans la région. Les clients locaux, eux, sont largement minoritaires.
Comment traversez-vous la crise du marché immobilier ?
H. K. : depuis 2024, le contexte est clairement plus tendu. Entre la hausse du coût des matériaux et celle des taux d’intérêt, nous ressentons un net ralentissement sur nos carnets de commande. Pour y faire face, nous adaptons notre offre : jusqu’ici, nous proposions des maisons de 100 à 120 m², aujourd’hui nous développons des projets à partir de 80-85 m², tout en maintenant une approche personnalisée.
Avez-vous d’autres projets de développement ?
H. K. : nous réfléchissons aussi à élargir éventuellement notre activité à la rénovation. Mais c’est un tout autre métier, avec ses propres logiques, ses contraintes techniques et une organisation différente. Pour l’instant, ce n’est qu’une piste de réflexion, rien de concret à ce stade.
Comment voyez-vous l’avenir pour Maison KAMCI ?
H. K. : je pense que 2025 sera une année de stabilisation. Le marché ne repartira pas comme avant, du moins pas dans les conditions actuelles. Mais nous restons confiants : tant qu’il y aura des gens qui veulent construire une maison qui leur ressemble, nous serons là pour les accompagner.
Fiche d’identité Dénomination : Maison KAMCI
Activité : construction de maisons individuelles
Création : 2021
Chiffre d’affaires : 2 M€
Web : maisonkamci.com