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Comme chaque année, l’Insee a présenté ses comptes nationaux prévisionnels de l’agriculture. Une projection statistique, qui vient d’être révisée et qui permet de dresser un bilan de l’évolution du secteur agricole en 2024. Une évolution négative marquée par un recul des prix et des volumes de production.
Une baisse en valeur
Les dernières estimations de l’Insee laissent entrevoir, pour 2024, une baisse de l’ensemble de la production agricole (hors subventions) de l’ordre de 8,8 %. Pour rappel, 2023 s’était soldé sur un recul de 0,1 % et 2022 sur une hausse de 18,1 % dans un contexte de sortie de crise sanitaire, puis de déclenchement de la guerre en Ukraine. Ce fort recul de la production en valeur s’expliquerait par la conjugaison d’une baisse moyenne des prix de l’ordre de 3,8 % (contre -3,7 % en 2023) et de la production en volume de 5,2 % (+3,7 % en 2023). Au total, la production agricole est estimée à 89,1 Md€ en 2024. 44,4 Md€ provenant des produits végétaux, 32,6 Md€ des produits animaux, 7,5 Md€ des services agricoles (coopératives, travaux agricoles, agritourisme…) et 1,8 Md€ des jardins familiaux.
La production végétale recule
Plus en détail, la production végétale (45,4 Md€) est celle qui enregistre le plus fort repli en valeur en 2024 (-15,7 %). En volume, elle baisse de 6,4 % entraînée par le décrochage du secteur viticole (-28,7 %). « La baisse est de 20,4 % pour les vins d’appellation hors champagne, de 27,2 % pour les vins sans appellation, et atteint 42,4 % pour le champagne. » précise l’Insee.
Les récoltes de céréales, pénalisées par une succession de canicules et d’orages voient, de leur côté, leur volume de production se contracter de 16,8 % en 2024. Les récoltes d’oléagineux subissent également un fort décrochage (-15,1 %). À l’inverse, la production de fourrage s’accroît de 13,6 %, les rendements étant en forte augmentation grâce à une pluviométrie élevée. On note également un redressement (+0,7 %) de la production de légumes portée essentiellement par d’abondantes récoltes de tomates et de champignons.
Les prix de la production végétale, quant à eux, affichent un recul de 6,4 % en 2024 contribuant, à leur tour, au décrochage de la production végétale en valeur. En cause, la baisse de 11,5 % des prix des céréales qui succède à celle de 25,8 % enregistrée en 2023 à la suite d’une surproduction mondiale, l’effondrement des tarifs des fourrages (-27 %) et le recul de 26,4 % des prix des « autres plantes industrielles » (betteraves industrielles, tabac, lin textile, houblon, canne à sucre, etc.).
Un recul limité de la production animale
En valeur, la production animale recule de 0,9 % en 2024 pour atteindre 34,4 Md€. En volume, elle augmente de 0,7 % en raison d’une forte hausse de la production de volailles (+8 %) après des années noires marquées par la grippe aviaire. Le cheptel porcin se redresse également (+0,9 %) en 2024. « À l’inverse, la production continue de baisser pour les gros bovins (-3 %), les veaux (-2,6 %) et, plus encore, pour les ovins-caprins (-4,7 %), frappés à partir de l’été par la fièvre ovine », précise l’Insee.
Côté prix, on enregistre un recul de 1,7 % pour la production animale. On note ici, sans surprise, que les hausses de volume dans le secteur de la volaille se traduisent par un recul des prix de 9,9 %. Une baisse de 8,6 % des prix du porc est constatée après deux années de hausse (+25,2 % en 2022 et +21,0 % en 2023). « Pour le reste du bétail, l’érosion du cheptel conduit en revanche à de nouvelles hausses de prix », ajoutent les auteurs de l’étude sans les chiffrer.
Crédit photo : Pencho Chukov