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Instaurées dans les années 1990, les remises sur les génériques ont été implémentées dans le but de favoriser la substitution de princeps (médicaments de marque) par leurs génériques. Ces avantages commerciaux, accordés par les laboratoires pharmaceutiques, représentent aujourd’hui près du tiers de l’excédent brut d’exploitation des officines françaises. Un pilier du modèle économique du réseau officinal, qui permet à certains points de vente de ne pas mettre la clé sous la porte. C’est du moins ce qu’affirme la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) : « Cela va complètement désorganiser le réseau. Les pharmacies sont des petites structures, il sera très compliqué pour elles de négocier dans ces conditions », dénonçait il y a quelques jours son président, Philippe Besset. En effet, le nombre de fermetures d’officines semble s’accélérer. Selon l’Ordre national des pharmaciens, en 2024, on dénombrait 24 cessations d’activité chaque mois en France, contre 14 en 2022, soit désormais une fermeture d’officine chaque jour ouvré de l’année.
Quelles sont les nouveautés ?
Après de nombreuses négociations avec les syndicats de la profession, l’Exécutif a statué. Le nouveau décret, paru au JO le 6 août, ambitionne de diminuer le poids des génériques sur le système de santé, en réduisant mécaniquement leurs prix de référence. Des génériques aux hybrides, en passant par les biosimilaires : toutes les catégories de copies de médicaments sont concernées. Ainsi, à compter du 1er septembre, le plafond de remises sur les génériques sera de 30 %, contre 40 % actuellement. Il en sera de même pour les médicaments hybrides. Ce taux diminuera graduellement pour atteindre 25 % à partir du 1er juillet 2026 et jusqu’au 30 juin 2027. Par ailleurs, le texte prévoit d’instaurer des conditions commerciales analogues pour les biosimilaires. En effet, dans quelques jours, un taux de 15 % entrera en vigueur pour accompagner l’augmentation de leur pénétration en ville et évoluera vers 17,5 % à compter du 1er juillet 2026.
Une décision largement critiquée par les pharmaciens qui considèrent que les gains escomptés sur les biosimilaires ne compenseront pas les pertes sur les génériques. Pour preuve, leur niveau de mobilisation particulièrement important lors de la grève du 16 août impulsée par l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO), via son slogan : « Fermer un jour pour ne pas fermer pour toujours ». Et l’action collective se poursuit. Envoyée par l’USPO au Premier ministre le 20 août, une lettre ouverte demande « solennellement la suspension immédiate de cet arrêté et l’ouverture sans délai d’une négociation conventionnelle avec l’Assurance maladie, afin de bâtir un plan pluriannuel de financement du réseau pharmaceutique ». Affaire à suivre…
Crédit photo : skynesher