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L’Apec et Terra Nova viennent de mener une enquête sur la perception des rémunérations par les salariés du secteur privé. 4 000 salariés ont été interrogés sur le montant de leur salaire et son évolution.
Premier enseignement, 51 % d’entre eux estiment que leur pouvoir d’achat a baissé ces 5 dernières années. Un ratio qui passe à 52 % chez les ouvriers et à 57 % dans les professions intermédiaires. Seuls chez les cadres ce sentiment de décrochage n’est pas majoritaire (44 %). Quant aux perspectives d’évolution, elles traduisent un fort pessimisme des salariés. 78 % n’ont pas confiance dans la situation économique mondiale et 83 % dans celle de la France. En conséquence : « 2 salariés sur 3 se déclarent inquiets quant à l’évolution à venir de leur pouvoir d’achat (68 %) et de leur rémunération (60 %) », précise l’enquête.
L’État en secours
À la question « selon vous, qui est le plus à même, aujourd’hui, d’agir en faveur de votre pouvoir d’achat ? », les salariés répondent d’abord : les pouvoirs publics. Chez les salariés des professions intermédiaires, ils sont même 54 % à le penser sans pour autant préciser de quelle manière la collectivité doit opérer (hausse du Smic, baisse des cotisations, baisse des impôts, hausse des aides…). Un avis partagé par 46 % des employés, 42 % des cadres et 41 % des ouvriers.
Plus étrange, à part chez les cadres (42 %), leur entreprise n’apparaît même pas au deuxième rang des réponses mais au troisième. Le deuxième levier pour augmenter le pouvoir d’achat est donc à chercher du côté de la consommation au travers d’une baisse des prix dans les grands magasins pour 35 % des professions intermédiaires, 32 % des employés et 31 % des ouvriers.
Mal payés
Pour autant, si les salariés ne comptent pas sur leurs employeurs pour leur octroyer une meilleure rémunération et ainsi augmenter leur pouvoir d’achat, ils ne s’estiment pas forcément correctement rémunérés. Et là encore, ce sont les classes moyennes (professions intermédiaires) qui se déclarent le plus souvent insatisfaites (57 %) devant les employés et les ouvriers (55 %).
Des professions intermédiaires qui, en dépit d’un niveau de qualification le plus souvent supérieur à celui des employés et ouvriers, ont été fortement exposées aux effets de l’inflation et peinent, désormais, à se distinguer des classes populaires qui ont bénéficié des hausses du Smic. Enfin, autres motifs de frustration : 51 % des salariés des professions intermédiaires considèrent que leur rémunération est insuffisante au regard de l’utilité de leur métier et de leur charge de travail et près d’un sur 2 (49 %) que les conditions d’attribution des augmentations sont opaques dans leur entreprise.
Pour rappel, les professions intermédiaires rassemblent aujourd’hui environ 7 millions de salariés, soit plus de 25 % des actifs en emploi.
Crédit photo : Peter Cade