Bonjour Anton, pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
Anton Fert : j’ai un profil d’ingénieur-manager, après avoir suivi une formation d’ingénieur des Arts et Métiers à Bordeaux et de management à l’IAE d’Aix-en-Provence. Par ailleurs, je suis issu d’une famille d’entrepreneurs, avec un père dans les biotechnologies et un oncle dans l’automobile. J’ai vraiment baigné dans le milieu de l’entrepreneuriat et j’avais une idée à la seconde à la fin de mes études. Je me suis quand même lancé dans le monde de l’entreprise. J’ai travaillé, au sein d’une filiale de Veolia, dans la gestion de projets autour de la fabrication de stations d’épuration. Je dis souvent que j’ai fait exprès de me mettre en position de « pion dans une case » pour me pousser à créer mon entreprise rapidement.
Comment est née l’aventure Tchek ?
A. F. : j’ai constaté qu’il y avait un gros besoin dans l’automobile et qu’il y avait une importante transformation en cours à laquelle j’avais envie de participer. C’est comme ça que je me suis lancé dans l’aventure Tchek fin 2016. J’ai été rejoint quelques mois plus tard par mon actuelle associée, Léa Chevry, que j’ai rencontrée via l’application de networking Shapr.
Avez-vous été accompagné dans votre processus de création ?
A. F. : tout à fait. Tout d’abord, j’ai été étudiant-entrepreneur, un parcours que l’on peut faire jusqu’à 2 ans après les études. Nous avons ensuite été accompagnés par l’incubateur Belle de Mai, qui a hébergé nos bureaux et qui nous a permis d’obtenir quelques financements, puis par l’accélérateur de start-up ZEBOX. Puis, début 2021 est venue l’heure d’une structuration capitalistique à l’occasion d’une première levée de fonds.
Avez-vous rencontré des difficultés au lancement de votre activité ?
A. F. : il y en a eu beaucoup ! Ce sont des étapes qu’on apprend à surmonter et qui nous permettent d’acquérir de l’expérience. Au lancement de l’activité, comme pour tout projet de création d’entreprise, il faut montrer qu’il y a un marché et il faut convaincre pour obtenir les premiers financements. Ensuite, il faut avancer sur le produit pour pouvoir solliciter d’autres financements.
Une fois l’activité lancée, il y a d’autres difficultés. Tout d’abord, le recrutement, car il faut trouver les bonnes personnes avec qui travailler. C’est important, voire primordial, de prendre le temps pour ça. Il faut aussi trouver son marché et adapter son offre. Initialement, Tchek était spécialisée dans la fabrication de scanners de véhicules. Mais nous nous sommes repositionnés en investissant sur l’intelligence artificielle.
Enfin, nous avons fait face à d’autres difficultés liées à l’environnement économique : crise sanitaire, crise dans l’automobile, soubresauts permanents du marché de l’occasion, etc.
Quelle est l’offre de Tchek aujourd’hui ?
A. F. : nous avons développé une plate-forme d’intelligence artificielle, Alto AI, qui permet de faire des inspections automobiles de manière plus fluide et plus rapide, tout en apportant de la transparence et de la confiance dans les transactions (reprise de véhicules, fin de leasing, gestion de flotte…). Notre offre est destinée aux professionnels de l’automobile, de la mobilité et de l’assurance. Nous comptons parmi nos clients les entreprises suivantes : Stellantis & You, British Car Auctions, Toyota, Volkswagen Financial Services, Fatec, etc. Notre offre s’est améliorée d’année en année puisqu’initialement elle se concentrait sur l’inspection de la carrosserie. Nous sommes aujourd’hui en mesure d’inspecter l’intérieur des voitures, d’analyser les voyants lumineux sur le tableau de bord, de lire le kilométrage, etc. Nous proposons vraiment une inspection complète des véhicules, jusqu’au chiffrage pour une remise en état (c’est-à-dire que nous proposons un devis pour les réparations à mener).
Évidemment, il s’agit d’une inspection dans la limite de ce qu’il est possible de faire à distance. Par exemple, nous ne sommes pas en mesure de faire de test routier avec la voiture. De même, lorsqu’il y a un doute sur une photo ou lorsqu’un choc sur le véhicule est trop important, une intervention humaine est nécessaire. Globalement, 80 % de nos inspections sont entièrement automatisées et 20 % nécessitent l’intervention d’une personne pour vérification.
Avez-vous des concurrents ?
A. F. : plusieurs sociétés disent proposer une solution d’inspection basée sur de l’IA, mais elles n’ont pas forcément la performance attendue par le marché. Finalement, il y a peu d’acteurs avec lesquels nous sommes directement en concurrence dans le cadre d’appels d’offre. Par ailleurs, certaines sociétés prétendent pouvoir faire l’intégralité des inspections à distance, ce qui dessert notre activité, car par définition l’IA n’est pas fiable et efficace à 100 %.
Sur quelles zones géographiques intervient Tchek ?
A. F. : Tchek opère dans une dizaine de pays, principalement en Europe, mais nous avons aussi des opportunités au-delà du Vieux Continent comme au Canada, au Brésil et au Mexique. Nos solutions sont par nature applicables en tout lieu et nous recevons des demandes provenant du monde entier grâce à notre site internet et notre notoriété. Pour autant, notre force commerciale est localisée en Europe.
Comment voyez-vous Tchek à moyen terme ?
A. F. : pour les années à venir, nous ambitionnons d’être le référent dans l’inspection de véhicules dans sa globalité et d’accroître notre activité en volume, aussi bien en Europe qu’au-delà. Pour ce faire, nous disposons en interne d’ingénieurs et de docteurs en intelligence artificielle qui nous permettent de proposer de nouvelles fonctionnalités régulièrement et de rester innovants.
Fiche d’identité Dénomination : Tchek
Activité : inspection et remarketing de véhicules
Création : 2016
Effectif ≈ 10 personnes
Web : fr.tchek.ai