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Quel est le contexte de la création Delivrone ?
Le drone paraissait être une bonne solution car il peut faire de la livraison en zones rurales à la demande. Et la réglementation était en train de se développer. À partir de 2021, le cadre européen a permis d’utiliser le drone comme un outil logistique. Nous avons alors monté un premier prototype et fait une démonstration à laquelle nous avons invité la presse et les institutionnels pour faire la livraison d’un burger d’un foodtruck à un particulier. Nous espérions avoir des retours des restaurants, des grands acteurs de la distribution et, en fait, pas du tout.
Pourquoi pivoter vers le transport de prélèvements biologiques ?
Donc, bien sûr, nous sommes allés les écouter. Ils nous ont partagé les statistiques sur les arrêts cardiaques et nous ont expliqué qu’avec chaque minute qui passe, l’espérance de vie diminue de 10 %, mais que le temps moyen d’intervention est de 15 minutes 30. Ils nous ont aussi expliqué que si on défibrille le patient dans les 10 minutes, cela donne une chance supplémentaire de le sauver. Après cette conversation, cela nous est apparu évident que le drone ne devait pas servir à livrer des pizzas mais plutôt à sauver des vies.
Nous avons eu beaucoup de discussions avec le monde hospitalier, les laboratoires de biologie médicale, les répartiteurs pharmaceutiques… Ils ont tous des enjeux logistiques énormes ! Par exemple, on utilise aujourd’hui des véhicules pour transporter les prélèvements biologiques, avec le risque qu’ils soient bloqués dans des embouteillages. Pendant ce temps, le patient comme le médecin attendent le diagnostic ; cela a un impact sur la santé du patient et plus largement sur le temps d’attente aux urgences.
Quelles ont été les étapes suivantes ?
Nous avons très vite compris plusieurs choses : qu’il fallait être très carré sur la réglementation ou les autorisations et que nous n’allions pas fabriquer nos propres drones mais plutôt aller chercher les meilleurs là où ils sont déjà. Enfin, que cette activité allait nécessiter des infrastructures. Le développement a pris 3 ans pour mettre en place les autorisations réglementaires nécessaires et prouver qu’il n’y a pas d’impact médical du transport par drone sur les prélèvements biologiques. Et en octobre 2024, nous avons pu déployer notre 1re ligne régulière de transport de produits de santé en Normandie, avec la supervision et les autorisations nécessaires.
Tous les jours, notre service permet de transporter les prises de sang faites aux urgences de l’hôpital de Verneuil-sur-Avre vers un laboratoire à L’Aigle, 30 kilomètres plus loin. C’est un service qui a vocation à pouvoir être déployé partout où le délai est un enjeu, donc pas uniquement en zone rurale. En ville, c’est plus compliqué, nous avons encore du travail à faire en R&D. Mais nous allons y arriver !
Aujourd’hui, nous avons montré que le service fonctionne, sans coût additionnel pour l’hôpital, et qu’il a des bénéfices sur l’ensemble de la chaîne. Nous sommes en phase de déploiement avec 15 hôpitaux et notre objectif est d’équiper tous les hôpitaux de France à court terme et de se déployer en Europe à moyen terme. Pour l’Europe, cela nécessitera certainement une plus grosse levée de fonds. C’est une activité qui est très consommatrice de moyens financiers au départ car il faut développer toute l’infrastructure pour chaque client et obtenir toutes les autorisations.
Et pour les défibrillateurs ?
Avez-vous d’autres pistes de développement ?
Activité : transports de prélèvements biologiques, de médicaments et de défibrillateurs
Fonds levés : 4 M€
Nombre de clients : 15
Siège social : Saint-Étienne-du-Rouvray (76)