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Vécu, futur et place dans la société…, une récente étude dirigée par le Cevipof et Agro Toulouse a redonné la parole aux agriculteurs afin de nous permettre de mieux comprendre les nouvelles réalités économiques de leurs métiers, leurs inquiétudes et leurs attentes. Retour sur les principaux enseignements de ce sondage.
Une dégradation de la situation économique…
Sur les 12 derniers mois, 48 % des agriculteurs interrogés ont constaté une dégradation de leur situation financière. Un décrochage plus de deux fois supérieur à celui exprimé par la population générale (22 %). Et cette dégradation des revenus a été particulièrement marquée chez les viticulteurs (83 %) et les éleveurs d’ovins et de caprins (76,6 %).
… et une forte inquiétude pour l’avenir
Concernant, l’année prochaine, seule une infime minorité (13 %) des agriculteurs tablent sur une amélioration de leur situation économique. 46 %, en revanche, redoutent une nouvelle détérioration de leur situation. Plus globalement, on ne compte qu’un agriculteur sur 10 à se dire confiant dans l’avenir, 20 % avouant même être désespérés. Pour rappel, en 1998, date de la réalisation d’une enquête similaire (enquête Hervieu-Viard), seuls 5 % des agriculteurs étaient touchés par le désespoir. Un désespoir que l’on retrouve principalement chez les éleveurs ovins et caprins (29,6 %), les viticulteurs (29,3 %) et les agriculteurs dont la taille de l’exploitation est inférieure à 20 ha (29,8 %).
Un sentiment d’abandon
Cette inquiétude est en partie nourrie par un sentiment d’abandon qui ne cesse de croître au fil des années. Désormais, seuls 23 % des agriculteurs estiment que le ministère de l’Agriculture est à leur écoute (contre 61 % en 1998), 10 % qu’ils ont encore l’oreille du président de la République (contre 59 % en 1998) et 8 % celle de la Commission de Bruxelles (contre 37 % en 1998). Une perte de confiance qui touche également les élus locaux suspectés, à leur tour, de ne pas être à l’écoute par 43 % des agriculteurs (contre 28 % en 1998), la Mutualité sociale agricole (57 %, contre 38 % en 1998) et même les organisations syndicales agricoles pourtant mandatées pour porter leur voix (47 %, contre 28 % en 1998).
Quant au soutien des Français dont bénéficie l’agriculture, il n’est jugé favorable que par 30 % des professionnels interrogés, 61 % le considérant comme peu ou pas satisfaisant.