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L’année 2025 s’impose comme une nouvelle année noire pour les promoteurs immobiliers. Malgré l’assouplissement des conditions de crédit et la détente des taux d’intérêt, aucun signe tangible de reprise ne se profile. Trimestre après trimestre, les indicateurs se dégradent, affaiblis par un climat politique incertain et la disparition du dispositif Pinel, qui prive le marché d’un moteur essentiel de la demande.
Repli généralisé
Les chiffres publiés par la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI) pour le 3e trimestre 2025 confirment un nouveau point bas historique pour le secteur. Entre juillet et septembre, les réservations chutent de 20,4 % sur un an pour s’établir à 17 206 logements. Le retrait des investisseurs particuliers est le plus spectaculaire : leurs achats s’effondrent de 55,3 % et ne représentent plus que 21 % des ventes au détail. Les propriétaires occupants résistent un peu mieux, mais enregistrent eux aussi un repli (-2,2 %), malgré un environnement de crédit plus favorable. Au total, les ventes aux particuliers diminuent de 21 %. Les ventes en bloc, aux bailleurs sociaux et aux investisseurs institutionnels, ne font guère mieux avec un recul de 18,9 %, par rapport au 3e trimestre 2024.
L’offre au plus bas
Sur les 9 premiers mois de l’année, les réservations de logements reculent de 9,8 %, effaçant le timide frémissement observé en 2024. Les ventes en bloc diminuent de 8 %, tandis que les ventes aux particuliers affichent un retrait de 10,4 %.
L’offre ne se redresse pas non plus. Les mises en vente tombent à 9 962 logements au 3e trimestre, soit 5 % de moins qu’un an plus tôt et près d’un tiers de moins qu’en 2023. La remontée des autorisations de construire ne se traduit toujours pas dans les lancements commerciaux. Sur 9 mois, les mises en vente progressent légèrement (+4,6 %), mais restent nettement en deçà des niveaux de 2024 (-24,7 %).
L’espoir du statut du bailleur privé
La contraction simultanée des ventes et des lancements stabilise mécaniquement le stock de logements disponibles à la vente. Mais les délais d’écoulement repartent à la hausse : ils atteignent 19,2 mois, presque leur niveau du 3e trimestre 2024 (19,7 mois), après un début d’année plus favorable (16,9 mois en janvier). Dans certaines villes, les délais explosent : 39,8 mois à Rouen, 46,4 mois à Grenoble et même jusqu’à 73 mois à Orléans. Les promoteurs espèrent désormais que le futur statut fiscal du bailleur privé, dont l’amendement au budget 2026 vient d’être déposé à l’Assemblée nationale, redonnera un signal clair à l’investissement.
Crédit photo : MarioGuti