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Entre son annonce et son entrée en application, la nouvelle politique douanière américaine a eu de réels effets sur les échanges mondiaux et notamment ceux entre la France et les États-Unis. Selon un récent rapport des Douanes, la perspective de l’application de ces nouveaux droits de douane américains a donné lieu à des ventes anticipées qui se sont traduites par une hausse de 6 % des exportations françaises vers les États-Unis au 1er trimestre 2025 (en glissement annuel).
Par la suite, on observe un léger repli lors du deuxième trimestre (-1 %), période pendant laquelle des droits de douane additionnels provisoires ont été appliqués par Washington, suivi d’une stabilisation des échanges au 3e trimestre malgré la mise en œuvre des nouveaux droits de douane.
La France moins affectée que ses voisins
Sur la période de référence de janvier à août 2025, période regroupant l’anticipation des nouveaux tarifs et leur entrée en application, la France résiste mieux que ses voisins en réalisant une progression de 1 % de ses exportations en glissement annuel. Les Douanes notent ainsi un repli de 7 % en Allemagne, de 1 % dans l’ensemble de l’UE (hors Irlande), mais aussi de 5 % au Royaume-Uni. Seule l’Italie, avec une hausse de 7 % de ses exportations vers les États-Unis, fait mieux que la France.
Mais attention, cette hausse est principalement imputable au dynamisme du secteur aéronautique et à celui des produits chimiques. Sur les 3 premiers trimestres de 2025 (janvier à septembre), les ventes de matériel aéronautique ont progressé de 17 % en glissement annuel et les exportations de produits chimiques de base de 38 %.
À l’inverse, de nombreux produits ont enregistré une baisse à deux chiffres. Les exportations de parfums et cosmétiques ont, ainsi, diminué de 17 % et celles des boissons de 12 %.
Mais attention, alertent les Douanes, « la politique tarifaire n’est pas le seul et n’est peut-être pas à ce jour le principal facteur explicatif de l’évolution des échanges commerciaux franco-américains. Un effet collatéral très important des annonces de mesures tarifaires du président Trump a été en effet la dépréciation très significative du dollar ». Pour rappel, après s’être fortement apprécié lors de son élection, il s’est effondré. De janvier à septembre 2025, en parité moyenne mensuelle, le dollar s’est ainsi déprécié de plus de 13 % par rapport à l’euro entraînant une forte perte de compétitivité des produits français.
Crédit photo : © Thierry Dosogne