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En écho à l’actualité et notamment aux difficultés rencontrées par les parlementaires pour adopter un budget, une note du think tank Terra Nova s’est donnée pour ambition de faire le point sur le problème de la dette publique et sur la prétendue impossibilité de le résoudre.
Outre les récentes réussites de nos voisins du sud (Espagne, Portugal, Italie) qui sont, dans des délais très brefs, tous trois parvenus, au mieux, à faire reculer la dette, au pire, à la stabiliser, Guillaume Hannezo, l’ancien conseiller économique de François Mitterrand et auteur de l’étude, est également venu rappeler qu’à plusieurs reprises au cours du XXe siècle, la France y est également parvenue.
Passer en léger excédent primaire
Pour stabiliser le ratio d’endettement (dette/PIB), actuellement de 114 % (au 1er trimestre 2025) et faire en sorte « qu’il ne monte plus en spirale », insiste l’auteur, il faut passer en léger excédent primaire. Autrement dit, faire en sorte que la dette augmente moins vite que la richesse nationale. Ce qui nous oblige à revenir à un déficit autour des 3 % (contre près de 6 % aujourd’hui) et donc à trouver de 100 à 120 Md€ par an.
Concrètement, cela doit nous conduire à collectivement accepter que l’État, désormais, prélève davantage qu’il ne redistribue. Un effort (et un changement d’approche) sans lequel aucun redressement n’est possible et que l’auteur de l’étude estime entre 3 000 € et 4 000 € par an et par ménage dans l’hypothèse d’une répartition égalitaire entre les 30 millions de foyers français.
L’exemple de 1958
Réaliser un redressement de cette ampleur est déjà arrivé en France. Le plus bel exemple, précise Terra Nova, est l’action menée entre 1958 et 1962 par le Général de Gaulle et son ministre des Finances, Antoine Pinay. Au cours de ces 4 années, le déficit est passé de plus de 4 % à 0,5 %. Des ordres de grandeur comparables à ce qui doit être fait « pour économiser 100 à 120 Md€ », rappelle l’auteur. « Du point de vue des grandes masses : les recettes fiscales passent, en francs constants de 1969, de 60,8 MdF en 1957 à 72 MdF en 1960 et 80,1 MdF en 1962 ; et les dépenses de 93,1 MdF en 1957 à 80,4 MdF en 1960 et 96,8 MdF en 1962 ».
L’essentiel de l’effort est ainsi constitué par des hausses d’impôt :
- Une surtaxe provisoire de l’IS (passage de 24 % à 50 %)
- Une surtaxe des hauts revenus (création d’une tranche à 55 %)
- 2 points de TVA supplémentaires
- Hausse de 10 % des taxes sur les carburants.
Des baisses de dépenses sont également au programme :
- Arrêt de tous les projets d’investissement pendant un an
- Désindexation des salaires (à l’époque ils étaient indexés)
- Gel temporaire des embauches publiques.
Entre 1983 et 1986, un coup de barre a également été mené par le gouvernement de l’époque (« le tournant de la rigueur »). Plus modeste en proportion, il avait tout de même permis un redressement équivalent à 2,5 % du PIB. Un redressement qui «
Des exemples qui nous montrent que sortir de la spirale de la dette est possible, même en France.
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