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Des avancées majeures saluées par les syndicats pharmaceutiques
Du côté des pharmaciens, le budget apporte des changements significatifs. L’inscription dans la loi des plafonds de remises (40 % pour les génériques et les hybrides, et 20 % pour les biosimilaires) offre une stabilité économique cruciale. Le rôle clinique de l’officine est valorisé par la généralisation en pharmacie du dispositif OSyS autorisant la prise en charge de situations de premier recours (plaies simples, brûlures, conjonctivites ou piqûres de tiques). Du côté des biosimilaires, il soutient la substitution via l’introduction d’un dispositif de tiers payant contre biosimilaire, l’encouragement à la prescription en dénomination commune internationale et l’encadrement renforcé de la mention « non substituable », désormais alignée sur le régime des génériques.
Afin de renforcer le maillage territorial fragilisé, le PLFSS prévoit, par ailleurs, la possibilité d’ouvrir des antennes de pharmacie pour les communes ayant perdu leur dernière officine, élargit l’aide aux pharmacies en difficulté au-delà des seuls territoires fragiles, et reconnaît leur rôle central par la labellisation « maisons France Santé ».
Une vive opposition chez les médecins
Malgré le retrait de mesures controversées (baisse de tarifs, surtaxe des dépassements), le texte final conserve des points de discorde. Les syndicats médicaux critiquent un Ondam « soins de ville » jugé insuffisant, l’obligation d’alimenter le dossier médical partagé sous peine de sanctions, le déremboursement des prescriptions de secteur 3, et la possibilité de fixer les tarifs CCAM par voie réglementaire faute d’accord conventionnel. Le plafonnement des arrêts de travail ou la mise sous objectifs des « sur-prescripteurs » sont également jugés problématiques. En réaction, une mobilisation est annoncée à Paris pour janvier.
En outre, le PLFSS 2026 introduit également l’autorisation pour les centres de santé, médecins, sages-femmes et infirmiers de détenir des vaccins directement dans leurs cabinets, afin de renforcer et simplifier la prévention de proximité.
Le texte, dont la promulgation est attendue d’ici le 31 décembre après avis du Conseil Constitutionnel, ouvre une année 2026 charnière. Les prochaines négociations conventionnelles, tout comme les travaux en cours de l’IGF et de l’IGAS concernant la pharmacie, devront y dessiner les futurs cadres économiques et de pratique des professions de santé. Un avenir qui s’esquisse sur fond de contestations parlementaires, l’opposition ayant déjà saisi le Conseil Constitutionnel, jugeant le budget risqué pour l’équilibre social.
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