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L’immigration continue de soutenir l’économie européenne
L’immigration continue de soutenir l’économie européenne
25/01/2026 - 15:05
L’immigration continue de soutenir l’économie européenne
En hausse constante depuis 2019, la main-d’œuvre née à l’étranger continue de soutenir l’emploi, mais également la croissance en France, en Allemagne, en Espagne et en Italie.

La note de conjoncture de décembre 2025 de l’Insee est revenue sur l’évolution démographique de la main-d’œuvre née à l’étranger dans les principales économies de la zone euro.

Cette étude relève qu’entre 2019 et 2024, la population immigrée en âge de travailler (15-64 ans) a augmenté de 7,3 % en France, atteignant 14,3 % de l’ensemble des 15-64 ans en 2024. L’Italie a connu une hausse comparable (+6,9 %), tandis que l’Allemagne (+14,2 %) et surtout l’Espagne (+33 %) ont enregistré des augmentations plus marquées. En 2024, « 22,7 % de la population espagnole en âge de travailler était née à l’étranger », relève l’Insee, contre 17,8 % en 2019. En Allemagne, cette proportion est passée de 20,4 % à 23,6 %.

Ces chiffres témoignent d’une dynamique migratoire intense, mais avec des régions d’expatriation distinctes d’un pays à l’autre. L’Allemagne a ainsi vu une hausse marquée des entrées en provenance d’Europe, en particulier d’Ukraine en 2022-2023, tandis que l’Espagne se caractérise par des entrées en provenance d’Amérique du Sud. La France, quant à elle, reçoit majoritairement une immigration d’Afrique, et l’Italie présente une répartition équilibrée entre différentes régions du monde.

L’immigration, moteur de croissance et d’emploi

D’un point de vue économique, l’immigration dans ces 4 pays européens s’est traduite par une dynamique de croissance en stimulant la demande et en augmentant la population active. À l’appui de cette analyse, l’Insee cite une étude de la Banque d’Italie réalisée en 2025 qui considère qu’entre 2005 et 2023, « sans immigration, la croissance de l’emploi aurait été au moins deux fois plus faible en Allemagne et en France, nulle en Espagne et négative en Italie ». Ces résultats soulignent le rôle de l’immigration dans la « stabilisation du marché du travail des économies vieillissantes », souligne l’Insee et sa contribution à l’innovation, la productivité et la soutenabilité des systèmes sociaux.

En détail, depuis 2019, en Espagne, « les trois quarts » de la hausse de l’emploi est provenue des personnes nées à l’étranger. En Italie, l’emploi des personnes nées à l’étranger a contribué à hauteur de +1,7 point à la croissance totale de l’emploi. La France, de son côté, fait figure d’exception avec une progression de l’emploi qui s’explique d’abord par l’augmentation des travailleurs nés dans le pays, bien que la hausse de l’emploi des personnes nées hors de l’Union européenne « contribue à plus d’un quart des créations d’emplois », précise l’Insee.

Une meilleure insertion

La progression de l’emploi des personnes nées à l’étranger ne résulte pas seulement d’un effet démographique, mais s’explique aussi par une amélioration de leur insertion sur le marché du travail. Le taux d’emploi des personnes nées à l’étranger a ainsi augmenté en France, en Espagne et en Italie entre 2019 et 2024. En France, la hausse de l’emploi des personnes nées à l’étranger est portée majoritairement par les femmes, à l’inverse des autres pays européens. Cela s’explique par la « hausse rapide du taux d’emploi des femmes immigrées, qui rattrape peu à peu celui des hommes », insiste l’Insee.

Enfin, l’étude souligne des différences significatives dans la qualification des emplois occupés par les immigrés. En France, les trois quarts de la hausse de l’emploi immigré sont imputables aux personnes titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur, ce qui contraste avec l’Allemagne et l’Espagne. La contribution des cadres et professions supérieures représente environ la moitié de l’évolution de l’emploi immigré en France depuis 2021, contre un quart en Allemagne. En revanche, en Espagne et en Italie, les immigrés récemment arrivés exercent des métiers peu qualifiés ou des professions intermédiaires. Très peu occupent des emplois de cadres.

© Les Echos Publishing 2025
Crédit photo : Annette Birkenfeld
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