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2024 : une année record
En 2024, l’Assurance maladie a remboursé 27,2 Md€ de médicaments délivrés en officine, soit une augmentation de 7,2 % sur un an. Cette dynamique s’inscrit dans une tendance continue depuis 2019, portée par l’évolution des besoins de santé et l’arrivée de thérapies innovantes. Le montant remboursé par assuré atteint désormais 437 €, soit 41 boîtes de médicaments en moyenne en 2024. Selon Thomas Fatôme, directeur général de l’Assurance maladie, «
Le virage des médicaments innovants et onéreux
Au fil de la décennie, la structure des dépenses s’est nettement modifiée. Si les médicaments du quotidien, comme le paracétamol – de très loin la molécule la plus remboursée en France en volume – restent largement prescrits, la part des remboursements (en valeur) des traitements destinés aux pathologies lourdes et chroniques progresse rapidement. En oncologie, la transformation est particulièrement marquante. En 2015, les antinéoplasiques figuraient à la 9e place parmi les classes thérapeutiques remboursées en ville. Dix ans plus tard, ils occupent la première position, illustrant l’essor des traitements innovants contre le cancer, avec un montant global de 7,1 Md€ de remboursements nets en 2024 (ville et hôpital confondus). Cette évolution s’explique par la hausse du nombre de patients pris en charge, l’émergence de thérapies ciblées et la personnalisation des traitements, souvent plus coûteux. Fait marquant, 26 médicaments dépassent aujourd’hui un coût de traitement annuel de 80 000 € par patient, contre un seul en 2015. Parallèlement, les médicaments historiques tels que les antalgiques, les antihypertenseurs et les anticholestérol perdent du terrain dans les dépenses, sous l’effet de la progression des génériques et de la baisse des prix.
Un modèle solidaire à l’épreuve
La France affiche le taux de prise en charge publique des médicaments le plus élevé des pays de l’OCDE, avec près de 9 € remboursés par l’Assurance maladie sur 10 € de dépenses de médicaments. Cette performance s’accompagne cependant de tensions budgétaires et d’un débat récurrent sur le reste à charge des patients. Les franchises médicales, bien que relevées, restent modérées comparées à celles d’autres pays européens. Pour les professionnels de santé, cette nouvelle donne impose une vigilance accrue sur la pertinence des prescriptions, la gestion des innovations et l’accompagnement des patients chroniques. Plus que jamais, la recherche d’un juste équilibre entre prise en charge solidaire, progrès thérapeutiques et maîtrise des coûts constitue un enjeu collectif majeur pour l’avenir du système de santé français.
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