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Actuellement, le recours à la téléconsultation est timide en France et ne représente qu’un peu plus de 3 % des consultations. Si les causes sont variées, la limitation fixée à 20 % du volume d’activité annuel à distance pour les médecins (et 40 % pour les psychiatres) contraint tout naturellement l’essor de la pratique. Défendu comme « un gage de qualité » par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, ce frein devrait être bientôt levé.
Ainsi, face aux difficultés persistantes pour les Français de trouver un médecin dans des délais raisonnables, le gouvernement a décidé d’assouplir les règles encadrant la téléconsultation. L’initiative vise à faciliter la pratique de la médecine à distance pour certains professionnels de santé, reconnaissant son potentiel d’inclusion et d’amélioration de l’accès aux soins, en particulier dans certaines zones marquées par la désertification médicale. Des « dérogations ciblées » sont prévues pour les médecins retraités, en situation de handicap, remplaçants, ou ceux faisant face à des « moments de vie particuliers » comme les jeunes parents.
Au-delà des praticiens individuels, l’Exécutif souhaite également que les téléconsultations assistées par un professionnel de santé ne soient plus comptabilisées dans le seuil. Cette mesure est un encouragement significatif pour le déploiement de solutions comme les cabines en pharmacie et l’assistance par des infirmières, particulièrement bénéfiques pour les personnes âgées ou moins familières avec les outils numériques. Enfin, la téléconsultation assistée sera aussi développée dans les Ehpad, dans l’objectif « d’éviter des passages inutiles aux urgences », comme l’a précisé Stéphanie Rist, insistant : «
Si ces annonces gouvernementales ont reçu un accueil plutôt favorable, la prudence reste de mise pour les acteurs du secteur. Ainsi, Nathaniel Bern, cofondateur de Medadom, l’interprète comme un « soutien politique clair » à une activité en pleine évolution. D’autres, comme Stéphanie Hervier de Medaviz, expriment une attente quant à la revalorisation de ces actes et déclare « rester sur [sa] faim » en l’absence de précisions sur le contrôle des nouvelles règles. Le calendrier de mise en œuvre de ces mesures sera progressif, s’étalant sur la période 2026-2028, et se fera par la loi, des textes réglementaires ou lors de négociations entre les médecins et l’Assurance maladie. Cette démarche progressive témoigne des réserves de certains professionnels, qui ne veulent pas d’une «
Crédit photo : Luis Alvarez