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En 2023, plus de 430 000 nouveaux cas de cancer ont été diagnostiqués en France métropolitaine. Ce chiffre, en constante augmentation, souligne l’ampleur du défi et la nécessité de poursuivre les efforts. Et l’Hexagone n’a pas dit son dernier mot : la France reste déterminée à enrayer la progression de la première cause de mortalité du pays.
1,7 milliard d’euros pour poursuivre la lutte contre la maladie
Chargée de coordonner les actions de lutte contre le cancer, l’agence d’expertise sanitaire et scientifique en cancérologie de l’État vient de publier sa seconde feuille de route pour les 5 prochaines années. Fondée sur le bilan 2021-2025 et l’avis du conseil scientifique de l’Inca, elle a été élaborée avec l’ensemble des acteurs de l’oncologie en France. L’objectif est « d’accentuer l’effort là où il sera le plus décisif pour nos concitoyens », a annoncé l’Inca il y a quelques jours, avant de préciser : « Le financement de plus de 1,7 milliard d’euros octroyés pour la période, soit un budget renouvelé par rapport à la période 2021-2025, marque un engagement continu des pouvoirs publics et une volonté commune de réduire le poids de la maladie dans notre pays. »
Améliorer l’efficience des actions de prévention, de soins et de recherche
« Conçue dans une volonté de simplifier, prioriser et renforcer l’impact des actions de lutte contre les cancers, cette feuille de route choisit de se recentrer sur un nombre limité de priorités et de publics cibles et privilégie les mesures à plus fort effet de levier. Avec 107 actions et 31 objectifs, elle vise à accroître la lisibilité, la cohérence et l’efficacité de la stratégie décennale, tout en maintenant les objectifs ambitieux fixés à long terme. », a souligné l’Inca.
5 ans, 5 priorités, 5 publics
La stratégie a été dévoilée par le président de la République, à l’occasion de la journée mondiale de lutte contre les cancers, le 4 février 2026. «
Le premier axe stratégique vise à « bâtir une génération prévention » avec pour principaux objectifs : une première génération sans tabac en 2032, une couverture vaccinale contre les HPV de 80 % d’ici 2030, et une action sur les addictions, l’alcool, et les expositions évitables. La deuxième priorité est de « proposer un dépistage pour chacun » afin de diagnostiquer précocement la maladie et pouvoir augmenter les chances de guérison. Les parcours existants seront ainsi « modernisés » et « personnalisés en fonction des risques », et un dépistage organisé du cancer du poumon sera préparé. Le troisième pan consiste à « construire un parcours de santé augmenté », qui permette de faciliter chaque étape de la prise en charge du malade : diagnostiquer plus précocement, réduire les délais d’accès aux soins, favoriser l’hospitalisation à domicile et organiser mieux l’après-cancer. La quatrième priorité ambitionne de « bâtir un service public du cancer », avec un guichet unique numérique pour guider les patients et leurs familles, un registre national des cancers pour mieux comprendre la maladie, ainsi que le renfort du droit des aidants. Enfin, le dernier axe vise à « libérer le potentiel de la recherche et des données » avec un investissement dans la recherche en cancérologie et notamment pédiatrique, dans la médecine personnalisée, la génomique et l’intelligence artificielle. Pour garantir un accès équitable aux soins, cette stratégie cible 5 publics prioritaires : les personnes en situation de handicap, les jeunes, les actifs, les personnes âgées et les résidents des territoires ultramarins.
En misant sur la prévention, le dépistage précoce, la personnalisation de la prise en charge et l’innovation, la France se mobilise pour rendre la lutte contre le cancer plus performante et équitable. Reste à savoir si ces efforts porteront leurs fruits dans les années à venir.