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Voitures à hydrogène : où en est-on ?
Voitures à hydrogène : où en est-on ?
10/11/2022 - 08:10
Voitures à hydrogène : où en est-on ?
Alimentées par une pile à combustible, ces voitures électriques sont plus légères et rapides à recharger. À condition toutefois de trouver une station proposant de l’hydrogène…

Si les voitures électriques à batterie étaient les vedettes incontestées du dernier Mondial de l’Auto de Paris, celles équipées d’une pile à combustible qui transforme en électricité de l’hydrogène ont également attiré l’attention des visiteurs. La raison : ces véhicules sont plus légers que les électriques à batterie (oublié les 500 kg de batterie !), aussi rapides à recharger qu’un véhicule thermique, dotés d’une autonomie de plus de 600 km et moins contraignants à produire car ils nécessitent peu de « terres rares » et de métaux précieux comme le cobalt et le lithium, très présents dans les batteries et de plus en plus difficiles à obtenir sur le marché mondial.

Un réel manque de pompes

Sur le papier, c’est la technologie idéale. On peut donc se demander pourquoi il existe si peu de voitures dotées de pile à combustible. Les deux modèles emblématiques présentes sur le marché sont la Mirai de Toyota et la Nexo de Hyundai. Mais il s’en est vendu moins de 120 en 2021 en France. Pourquoi ? D’abord parce qu’elles restent chères : à partir de 72 000 € pour la première et 80 000 € pour la seconde. Ensuite parce que le maillage en pompes à hydrogène est quasi inexistant en France. Aujourd’hui, il en existe moins d’une cinquantaine ouvertes au public, contre 12 000 stations essence et 71 000 points de recharge électrique. Faire le plein d’hydrogène reste donc très difficile sauf à vivre à proximité d’un point de déserte, soit, principalement, en région parisienne ou à coté de Nantes, Lyon ou encore Marseille.

Un pari sur l’avenir

Pour autant, certains industriels se lancent dans l’aventure comme le français Hopium qui propose, en précommande, sa « Machina ». Une berline haut de gamme de 500 cv dotée d’une autonomie de 1 000 km et capable de passer de 0 à 100 km/h en 5 secondes. Proposés à 120 000 €, les premiers modèles seront livrés dès 2025. Le franco-marocain NamX annonce, quant à lui, la sortie d’un SUV à hydrogène en 2025, vendu de 65 000 € à 95 000 €, en fonction des options retenues. Ces deux constructeurs qui enchaînent les levées de fonds tablent sur un renforcement du maillage en stations à hydrogène.

Un pari risqué lorsque l’on sait que la seule exigence de l’Union européenne est que, d’ici 2030, il existe au moins une station à hydrogène tous les 200 km sur les grands axes, ce qui ne sera pas suffisant pour offrir un réel confort de charge sauf, peut-être, pour les transporteurs routiers. Et compte tenu du prix d’installation de ce type de station (de 3 à 10 M€ selon Les Échos), il y a peu de chance qu’elles se déploient au-delà des exigences européennes.

Des thermiques à l’étude

La pile à combustible n’est pas la seule technologie hydrogène. Il existe aussi des moteurs thermiques conçus pour utiliser ce gaz comme carburant, essentiellement des supercars destinés à la course automobile ou à un public de passionnés de vitesse et de puissance. Alpine vient d’ailleurs de présenter l’Alpenglow, un concept car à combustible hydrogène que la filiale de Renault souhaite engager aux 24 heures du Mans de 2024. Selon le site Muscles Car & Trucks, Ford travaillerait également à la mise au point d’une Mustang thermique à hydrogène.

© Les Echos Publishing 2022
Crédit photo : © Andriy Onufriyenko
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