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Un soulagement pour les constructeurs automobiles ! La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé un lissage de l’objectif qui leur était donné de réduire de 15 % leurs émissions de CO2 dès 2025. Celles-ci seront désormais calculées sur une période de trois ans, de 2025 à 2027, au lieu d’une seule année, donnant ainsi un délai supplémentaire aux retardataires pour se conformer à la réglementation. Et ce, tout en préservant les avantages des constructeurs déjà en conformité, qui bénéficieront d’un crédit d’émissions de CO2. Ursula von der Leyen a promis un amendement ciblé à la norme CAFE (Corporate Average Fuel Economy), qui doit encore être approuvé par le Parlement européen et le Conseil, avant la fin du mois de mars. Et d’ajouter que les objectifs de moyen terme fixés en matière d’empreinte carbone restent maintenus.
Une décision saluée par la filière automobile…
Bruxelles cède ainsi aux pressions des industriels européens, qui voient en cette mesure une nécessité, alors que le marché automobile est en berne, que la concurrence chinoise est de plus en plus féroce, et que la profession fait face à des mutations technologique et économique profondes. Une victoire également pour le gouvernement français qui s’était prononcé contre des amendes, afin de ne pas pénaliser ses constructeurs nationaux.
Selon des estimations révélées fin 2024 par l’Association des constructeurs européens d’automobiles, le coût global des amendes pouvait atteindre 15 milliards d’euros si le niveau des ventes de véhicules électriques restait inchangé.
… mais critiquée par les ONG environnementales
Cette décision « pragmatique » saluée par l’industrie automobile est toutefois condamnée par les défenseurs de la cause climatique. L’ONG Transport & Environment dénonce « un cadeau sans précédent à l’industrie automobile européenne », qui risque d’inciter les constructeurs à vendre des voitures plus émissives en CO2. D’après les calculs du think tank ICCT, les ventes de véhicules thermiques supplémentaires induises par l’assouplissement de la réglementation entraîneront l’émission de 50 mégatonnes de CO2 additionnelles sur la période 2025-2030.
Crédit photo : Rakusen